Pourra-t-on à nouveau louer les passoires énergétiques ?

La mise en location des logements classés F et G pourrait bientôt redevenir légale. Le gouvernement prépare en effet une loi logement visant à réautoriser cette pratique, sous conditions de travaux. Un projet encore en cours d'examen, qui révèle les tensions entre crise du logement, santé des locataires et impératifs climatiques.

Depuis le 1er janvier 2025, louer un logement classé DPE G est interdit en France. Dès 2028, ce sera au tour des DPE F d'être bloqués. Toutes deux issues de la loi Climat et Résilience de 2021, ces interdictions visaient à forcer les bailleurs à engager des travaux. Résultat : de nombreux propriétaires ont préféré retirer leurs logements du marché ceci aggravant encore la pénurie locative dans de nombreuses villes françaises. Face à ce constat, le gouvernement a décidé de réviser sa copie.

Peut-on encore se permettre d'autoriser la mise en location de ces passoires en 2026 ? Que prévoit exactement ce projet de loi ? Voici ce que l'on sait.

Location passoire énergétique : ce que prévoit la loi en préparation

Annoncé le 23 avril 2026*, le projet de loi logement devrait être soumis au Sénat en juin 2026. Il n'est donc pas encore validé. Son principe : réautoriser temporairement la location de passoires énergétiques, logements classés DPE F et G, sous condition d'un engagement de rénovation énergétique.

Comment le gouvernement justifie-t-il cette réautorisation ? Par la crise du logement.

L'objectif est ainsi de remettre 650 000 à 700 000 logements en circulation d'ici 2028**. En effet, le gouvernement souhaite inciter les bailleurs à rénover plutôt qu'à quitter le marché locatif.

Quelles conséquences pour les propriétaires et locataires ?

Pour les propriétaires, cette réforme représente une réelle opportunité. Beaucoup avaient retiré leurs biens du marché immobilier locatif faute de moyens pour financer les travaux. Ils pourraient désormais louer à nouveau, tout en planifiant la mise en conformité. Néanmoins, des délais stricts sont prévus : 3 ans pour les maisons, 5 ans pour les copropriétés***. Pour les locataires, davantage de logements disponibles est une bonne nouvelle face à la pénurie. Toutefois, habiter un logement énergivore pendant plusieurs années implique des factures d'énergie potentiellement élevées.

Concrètement, que devront faire les propriétaires pour louer leur bien malgré un diagnostic DPE défavorable ? Le projet de loi soumet toute autorisation de location à un engagement de travaux obligatoire. Le bailleur devra présenter un plan étayé, visant à améliorer sensiblement la performance énergétique de son logement. Des dispositifs comme MaPrimeRénov' demeurent par ailleurs mobilisables pour accompagner cette rénovation énergétique.

Ce projet de loi illustre un arbitrage délicat entre urgence sociale et ambition climatique. Rien n'est acté à ce stade. Néanmoins, s'il est adopté, ce texte transformera durablement le marché locatif français. Il relancera, inévitablement, le débat sur la rénovation des passoires thermiques. D'ici là, connaître le diagnostic DPE de son logement s'impose comme un premier réflexe indispensable.

Sources :

* « Le Gouvernement annonce un projet de loi pour relancer le logement et transformer durablement les territoires », Ministère de l'Écologie

** « Crise du logement : le gouvernement veut remettre 700 000 passoires énergétiques sur le marché locatif d'ici 2028 », Le Moniteur

*** « Délais, travaux, logements concernés : trois questions sur les passoires thermiques que le gouvernement veut remettre sur le marché locatif », France Info

**** « Le gouvernement lance un projet de loi de « relance du logement » », Maire Info