
Bouilloires thermiques : trop chaud pour être loué ?
Après avoir ciblé les passoires thermiques, les pouvoirs publics s'attaquent désormais aux logements qui surchauffent l'été. Ces bouilloires thermiques pourraient bientôt être interdites à la location.
Alors que les passoires thermiques sont progressivement bannies du parc locatif, une nouvelle menace estivale inquiète : les bouilloires thermiques. Ces logements qui deviennent invivables l’été pourraient bien être les prochaines à disparaître du marché. En effet, une proposition de loi veut protéger les locataires face aux vagues de chaleur, de plus en plus fréquentes. Mais comment reconnaître une bouilloire thermique ? Quels risques pour la santé ? Et quelles aides pour rénover son logement ? Voici tout ce qu’il faut savoir.
Qu'est-ce qu'une bouilloire thermique ?
Ce qu’on appelle une bouilloire thermique, c’est un logement qui devient trop chaud l’été, au point de nuire au confort et parfois même à la santé. La chaleur s’accumule dans la journée, puis reste piégée toute la nuit. Résultat : impossible de dormir, de travailler ou même de se poser tranquillement. Ce phénomène est encore mal connu, mais de plus en plus courant, surtout en ville.
Ces logements présentent généralement une isolation défaillante, une ventilation insuffisante, une exposition plein sud sans protection solaire, ou encore une situation sous les toits. Par conséquent, ils peuvent atteindre des températures dépassant régulièrement 26°C la nuit et 28°C le jour.
En 2024, 42 % des Français déclaraient avoir eu trop chaud dans leur logement.* Et ce n’était pas qu’un petit désagrément : fatigue, maux de tête, insomnies… Les bouilloires thermiques rendent les journées pénibles et les nuits difficiles, en particulier pour les plus fragiles. Les statistiques parlent d’elles-mêmes. 5 millions de logements seraient potentiellement concernés par une forme d'inconfort thermique estival**.
La Fondation pour le logement souligne qu'environ 31 % des logements classés A au DPE sont pourtant jugés insuffisants en matière d'habitabilité d'été. Cette contradiction illustre parfaitement les limites actuelles du système d'évaluation énergétique.
Une proposition de loi pour encadrer les bouilloires thermiques
Aujourd’hui, il n’existe pas encore de règle précise sur les logements trop chauds. Mais cela pourrait changer très bientôt. Face à cette urgence sanitaire, une proposition de loi « Zéro logement bouilloire » portée par des députés de sept groupes politiques sera bientôt déposée à l'Assemblée nationale.
Premièrement, elle envisage l'intégration d'un seuil de confort thermique estival dans les critères de décence à partir du 1er janvier 2030. Deuxièmement, elle propose l'interdiction de louer les pires bouilloires thermiques. Troisièmement, le texte prévoit l'obligation d'afficher le confort d'été dans les annonces immobilières via le DPE.
L'évolution du DPE vers plus de confort estival
Le gouvernement envisage d'enrichir le DPE avec un indicateur spécifique au comportement estival des logements. Le DPE pourrait intégrer officiellement une note de confort d'été à l'avenir selon Valérie Létard***, ministre du Logement.
Ce nouvel indicateur s'appuierait sur plusieurs critères : l'isolation du bâtiment, la présence de protections solaires, la ventilation naturelle, ainsi que la localisation géographique. Néanmoins, la climatisation ne devrait pas être valorisée, malgré son efficacité, car elle reste très consommatrice d'énergie.
Solutions pratiques contre la surchauffe
Plusieurs solutions techniques permettent d'améliorer le confort estival des logements. L'isolation thermique performante constitue la première ligne de défense. L'installation de protections solaires représente également une mesure efficace : volets, stores extérieurs ou brise-soleil permettent de réduire l'ensoleillement direct.
La ventilation naturelle joue aussi un rôle crucial. Favoriser la ventilation traversante en ouvrant les fenêtres aux heures fraîches aide à évacuer la chaleur accumulée. Enfin, la végétalisation autour des habitations contribue à créer des îlots de fraîcheur.
D’autre part, le dispositif MaPrimeRénov'**** a été élargi pour inclure des aides spécifiques au confort estival. L'installation de brasseurs d'air, de pompes à chaleur réversibles ou de systèmes de ventilation double flux peut désormais bénéficier d'un soutien financier.
Le changement climatique est là, et avec lui, des étés de plus en plus chauds. Agir contre les bouilloires thermiques, ce n’est pas un luxe : c’est une nécessité. Il s’agit de protéger notre santé, notre bien-être, et celui de nos proches. Et demain, cela deviendra peut-être une obligation légale pour pouvoir louer son bien. Alors autant anticiper dès maintenant et se préparer aux changements.
* 18ème édition du baromètre énergie-info (2024)
** Près de 5 millions de ménages en situation de vulnérabilité énergétique pour leur logement en 2021, Insee
*** Le DPE devrait bientôt intégrer le confort thermique en été, Les furets.com
**** MaPrimeRénov' provisoirement suspendue : quelles conséquences ?, leboncoin.fr




