
Vignette « Collection » : un nouveau dispositif pour identifier les véhicules anciens
Depuis novembre 2025, une vignette permet d'identifier les véhicules de plus de 30 ans ayant le statut « collection ». Disponible pour 15 euros via la Fédération Française des Véhicules d'Époque, elle vise à faciliter les contrôles et à clarifier le statut de ces automobiles bien particulières.
Avec la multiplication des Zones à Faibles Émissions (ZFE) dans les grandes agglomérations françaises, la question de l'identification des véhicules autorisés à circuler est devenue centrale. Si les vignettes Crit'Air permettent de classer la majorité du parc automobile selon ses émissions toxiques, les véhicules de collection eux bénéficient de dérogations spécifiques.
C'est pour résoudre cette difficulté pratique que la FFVE a lancé en novembre 2025, lors du salon Epoq'Auto à Lyon, une vignette dédiée aux véhicules de collection. Ce macaron vert, fruit d'une convention avec les ministères des Transports et de l'Intérieur, permet une identification visuelle immédiate lors des contrôles routiers. La France rejoint ainsi d'autres pays européens comme l'Allemagne et la Belgique qui disposent déjà de systèmes similaires.
Les modalités pratiques du dispositif
La vignette se commande en ligne après s’être acquitté d’un montant de 15 euros, frais d'affranchissement inclus. Sa validité s'étend sur cinq ans. Elle comporte plusieurs éléments d'identification : la mention « véhicule de collection », l'année du véhicule, le numéro d'immatriculation et un QR code permettant la vérification via le Système d'Immatriculation des Véhicules.
Pour être éligible, un véhicule doit remplir plusieurs conditions : avoir plus de 30 ans d'âge, ne plus être produit en série, être maintenu dans son état d'origine et déjà disposer de la mention « véhicule de collection » sur sa carte grise. Cette dernière condition implique que ce dernier a déjà franchi les étapes administratives nécessaires pour obtenir ce statut particulier. Tous types de véhicules sont concernés : automobiles, motocycles, utilitaires et camping-cars.
Une réponse aux enjeux de circulation urbaine
Dans les ZFE, les véhicules de collection bénéficient de dérogations justifiées notamment par leur usage limité. Les données disponibles indiquent que ces véhicules parcourent en moyenne moins de 3 000 kilomètres par an et représentent moins de 1% du parc automobile français.
La vignette vise donc à simplifier l'identification de ces véhicules lors des contrôles, évitant aux propriétaires de devoir présenter systématiquement leur carte grise et aux forces de l'ordre de vérifier manuellement le statut de chaque automobile ancienne. Toutefois, ce dispositif reste facultatif et ne remplace aucun document officiel. A noter également, il ne se substitue pas non plus à une vignette Crit'Air qui pourrait être requise dans d'autres circonstances.
Des implications pour le marché de l'occasion
Au-delà des aspects réglementaires, cette vignette pourrait avoir des effets sur les transactions entre particuliers. Sur des plateformes comme leboncoin, où les annonces de véhicules de collection sont nombreuses, elle constitue un élément d'information supplémentaire pour les acheteurs potentiels.
Pour un vendeur, mentionner la possession de cette vignette dans son annonce confirme que le véhicule dispose bien du statut administratif « collection ». Cela peut faciliter les échanges avec les acheteurs intéressés en apportant une forme de clarification sur le statut du bien proposé.
Du côté des acheteurs, la présence de cette vignette indique que le véhicule a déjà franchi les étapes nécessaires pour obtenir le statut collection et que son propriétaire a effectué les démarches pour obtenir ce signe distinctif. Dans un marché où l'information peut parfois être asymétrique entre vendeurs et acheteurs, ce type d'élément peut fluidifier les transactions.
Une mesure dans un contexte plus large
Ce dispositif s'inscrit dans un contexte de tensions croissantes autour de la circulation des véhicules anciens dans les zones urbaines. D'un côté, les politiques environnementales tendent à restreindre l'accès aux centres-villes pour limiter la pollution atmosphérique. De l'autre, le secteur des véhicules de collection représente une activité économique et culturelle qui génère des emplois spécialisés et des événements touristiques.
Ce dispositif facultatif s'inscrit dans un contexte de tensions entre politiques environnementales restrictives et préservation du patrimoine automobile. Sera-t-il largement adopté par les propriétaires ? Et suffira-t-il à apaiser les débats sur la place des véhicules anciens dans l'espace urbain ? Les prochains mois apporteront des éléments de réponse, au gré des retours d'expérience et de l'évolution des réglementations locales.
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